III. Les perspectives à venir…, l’homme aura-t-il toujours sa place dans le monde du sport ?

 

De nos jours, on peut dire la technologie est au service du sport. En effet, tout le matériel sportif est issu de technologies de pointe dans le but d'améliorer les performances car sans être un moyen déloyal d’avantager le sportif, celui-ci est sans conteste devenu un allié. Suite aux nombreuses polémiques étant survenu ces dernières années, on peut se demander si l'homme aura toujours sa place dans le monde du sport, par rapport aux nouvelles technologies qui fleurissent et aux enquêtes menées par notre équipe.

1) L'eléctronique :

 

L’électronique a d’abord été utilisée dans le cockpit des voiliers. Par exemple dans "French Kiss", concurrent de la coupe de l'America (régate) 1987, plus de 300 kg de matériel sont à bord avec temps de réaction de 1,25 secondes permettant de relever la vitesse, l'orientation, le géopositionnement, la profondeur, la vitesse du vent... et de tout synthétiser sur les écrans devant les équipiers. Une révolution encore d’actualité et très utilisée aujourd’hui, heureusement le volume et le poids du matériel a diminué ! L’électronique a aussi révolutionné la Formule  1 avec l’introduction de puces puis les boîtes de vitesse avec pilotage automatique ou encore dernièrement les casques avec visières qui servent d’écran et affichent toutes les données pour le pilote sans qu’il n’ait à tourner la tête. Toutes ces nouveautés ont donné et donnent encore lieu à beaucoup de polémiques. Elles ne sont pas nées avec l’arrivée de l’électronique mais bien avant. Dans les années 1920, Henri Desgrange, cycliste et créateur du tour de France, avait interdit l’usage du dérailleur sur le Tour de France, prétextant que l’athlète n’avait plus d’importance face à l’engin. Ce jeu entre ce qui est ou n’est pas mécanique, le rétrécissement de la part humaine devient toujours plus subtil, concis, décisif, crée toute cette excitation autour de la technique sportive. 

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Henri Desgrange, premier organisateur du Tour de France





D’autres exemples sont apparus cette année. Les skis de Didier Cuche avec une puce intégrée mise au point par HEAD. Elle conserve l'énergie contenue dans les courbes et la transmet au ski, ce qui implique que plus le ski va à une vitesse élevée, plus celui-ci devient agressif.didier-cuche.jpg



Didier Cuche, multi médaillé olympique,

 

21 victoires en coupe du monde, 67 podiums

 

Autre exemple avec la polémique autour du vélo de Fabian Cancellara qui aurait mis un moteur dans le cadre de son vélo ce qui permettrait un pédalage assisté et de rouler jusqu’à 50 km/h.

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Fabian Cancellara,

         spécialiste du contre-la-montre

 

Dans notre société, l'informatique fait aussi beaucoup parler de lui. Beaucoup de produits sont développés pour améliorer notre quotidien, pour amoindrir nos efforts. Les programmes informatiques ou encore les produits développés par Apple sont de bons exemples. Nous recherchons la nouveauté, la perfection, la performance comme dans le sport.  Le sport moderne peut aussi refléter dans certains cas notre société actuelle capitaliste : L'objectif du sport actuel est de former une élite productive où les moins performants sont mis à l'écart. 


2. Les fédérations :

Dans presque tous les sports, le matériel autorisé est réglementé par les fédérations. Celles-ci essayent de se rapprocher au plus de la science et du sport en demandant conseils à des scientifiques. C'est pour cette raison qu'elles jouent un rôle essentiel.

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Un des exemples les plus révélateurs est la natation où la plupart des éléments sont réglementés comme les câbles pour réduire les vagues, les plongeoirs, l’eau, tous ces paramètres ont évolué et ont poussé la FINA (Fédération Internationale de Natation) à changer les règles (par exemple pour le dos plus besoin de toucher le mur avec les mains). Comme nous l'avons déjà mentionné, le plus grand changement est l’arrivée des combinaisons en 1998, la FINA les a acceptées en 1999. Elle est revenue sur sa décision en 2009 en décidant d’interdire les combinaisons dès janvier 2010. C’est un très bon exemple de réglementation du matériel qui a lieu sans qu’on le sache dans chaque sport.

Un autre exemple est le cyclisme, l’UCI (union cyclisme internationale) voyant venir le cas de moteur dans les cadres de vélo, a en janvier 2005 ajouté un nouvel article dans son règlement. Il précise que la propulsion doit être assurée uniquement par l'athlète. Elle craint l'arrivée de l'énergie photovoltaïque (propulsé par énergie solaire) et met donc au point un système de contrôle des vélos.

Les règles ne sont pas seulement modifiées pour s’adapter à la technologie nouvelle mais aussi par saturation, lorsque tout le règlement a été exploité dans son entier. Elles sont également modifiées dans certains cas pour rendre un sport plus spectaculaire.
En tennis par exemple, le passage des raquettes du bois aux fibres synthétiques (carbone, mélange de fibres de verres...) en 1980 a contraint la fédération à limiter la surface des raquettes. Sans cette restriction les joueurs faisaient des services que personne ne pouvait reprendre, cela rendait les matchs moins intéressants.

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La grande question est la place que prend ce matériel sur l’athlète lui-même et sur sa performance.

Le premier problème qui se pose pour un athlète est d’ordre financier car tous ces développements ont un coût. De plus, c’est l'argent à la base qui permet le développement d'un matériau qui mènera à la victoire. L'argent est ainsi le premier aspect qui freine le développement. Le budget d’un projet par exemple avec les universités est astronomique, mais pas grand chose comparée au salaire des sportifs aujourd'hui. Nous n'avons malheureusement pas obtenu de chiffres précis. De plus tous ces projets peuvent être utiles au monde extra-sportif. Le vrai problème devient l’accessibilité à tous les athlètes qui devient compromise. Tous les athlètes, clubs ou fédérations nationales ne peuvent pas se payer le même matériel, les mêmes études technologiques. D’un autre côté, ce facteur devient un des paramètres du sport comme un autre.

Il est aussi étonnant d’entendre dire d’anciens sportifs olympiques, «oui la technologie a pris le dessus dans notre sport ». Par exemple, en natation la technologie a une importance de plus de 70% sur la performance sportive selon Mme Michelle Eriksson. Pire encore en voile où on l’estime dans certains cas à plus de 80%. Tous les sports sont touchés mais heureusement pas tous autant.

« C’est un sport de rechercher la limite technologique » Alain Testuz

Un autre problème encore est le fait que ce matériel respecte l’athlète. Sur ce problème les réponses divergent. Un exemple flagrant est le ski, cette année de nombreuses blessures aux genoux, dues aux skis trop perfectionnés, trop durs que les skieurs n’arrivent plus à contrôler. Par exemple, trois Suissesses sur six sélectionnées pour la descente olympique se sont déchiré le ligament croisé peu avant les Jeux. La technologie montre que l’athlète a des limites et qu’elle « abîme » l’athlète. Il apparaît aussi un autre problème : le dopage technologique, comme les soupçons autour du vélo du Suisse Fabian Cancellara qui aurait inséré un moteur dans le cadre de son vélo qui permettrait un pédalage assisté. 

Un athlète qui n’arrive pas à apprivoiser un nouveau matériel ou qui ne retrouve plus ses marques ne va pas l’utiliser. Et ce cas est assez fréquent, c’est pourquoi un certain nombre d’athlètes professionnels n’ont pas le tout dernier modèle. Par exemple, le tennisman suisse Roger Federer ne joue pas avec la raquette la plus évoluée car avec elle, il n’a plus de sensations, elle est trop sensible.

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Roger Federer et sa raquette (Wilson)


« La technologie doit rester au service de l’homme. Elle ne doit pas instrumentaliser l’homme mais doit rester un outil. » Georges-André Carrel, Directeur du Service des sports de l'UNIL et de l'EPFL depuis 1991.







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